La Savonnerie Bourbonnaise - La boutique Parisienne

La Savonnerie Bourbonnaise : des cosmétiques naturels et éthiques du cœur de l’Auvergne

Mon premier coup de cœur pour la Savonnerie Bourbonnaise était le savon 100% France, que j’ai pu découvrir en tant que membre du jury du Meilleur Produit bio 2016 et à qui j’ai fièrement donné une note de 20/20 (je vous en parle dans cet article). Puis dans le cadre des Caprices Fairy Cosmétik, j’ai enfin pu rencontrer et découvrir les belles personnes qui travaillent dans cette savonnerie avec passion et engagement. Ce n’est pas « juste » la qualité de leurs produits qui m’impressionnent désormais, mais aussi leur éthique, leur engagement, leurs cœurs remplis d’amour et de respect pour la Nature et les Hommes.
Je vous invite donc aujourd’hui à découvrir ces trois femmes qui œuvrent à leur échelle pour un monde meilleur, telles que des colibris !

Racontez-nous votre histoire : comment est née la Savonnerie Bourbonnaise et pourquoi ?

La Savonnerie Bourbonnaise a été créée en 2012, je l’ai rejointe en 2015, je n’en suis pas la fondatrice. Passionnée par les huiles (végétales et essentielles) depuis des années, aromathérapeute et phytothérapeute de formation, je vendais les savons de la Savonnerie Bourbonnaise dans mon magasin bio et j’ai eu envie de me lancer dans une grande aventure, l’aventure de la création. Donner un peu de nous dans chaque savon et chaque cosmétique.

Présentez-nous votre équipe.

L’équipe est exclusivement féminine. Claire, 22 ans, a rejoint la savonnerie en 2016. Elle s’occupe de tous les envois des commandes internet, elle fait toute les pesées, les re-conditionnements, elle emballe, sticke, découpe les savons, estampe… Elle est chimiste de formation mais a été écœurée par ce milieu, voulait une entreprise humaine.  Réjane est celle qui vous accueille à la boutique de Paris, elle conseille, elle nous a rejointes en 2017, elle recherchait une entreprise qui a du sens et rencontrer du monde pour échanger. Pour Claire et Réjane c’est avant tout une rencontre, une affinité forte qui s’est créée tout de suite. Ensemble, nous aimons rire, dire des bêtises, nous moquer de nous-mêmes, et même danser quand il y a un trop plein 😉

La Savonnerie Bourbonnaise - La boutique Parisienne

Les savons sont votre première spécialité, pourquoi ce choix ? et comment avez-vous composé votre gamme ?

La Savonnerie bourbonnaise a bâti sa réputation sur le savon, il n’était pas question de changer. Il y a 5 ans, nous étions encore très peu à fabriquer des savons à froid. Le savon c’est avant tout notre métier, nous fabriquons pour nous et pour d’autres marques. Une semaine sans produire et nous sommes en manque… Nous aimons tester, trouver des nouvelles odeurs, des nouvelles formes, imaginer et fabriquer nous-mêmes nos moules, nos découpeurs…

Vous proposez également une petite gamme de cosmétiques. Pourquoi avez-vous choisi de proposer ces produits-là en particulier ?

Pour l’instant, je n’ai pas créé moi-même nos cosmétiques en dehors du baume de la ruche. Je suis en train de revoir toutes les formules pour les mettre à mon image, des produits plus gourmands, plus généreux. Je travaille activement en parallèle pour proposer une gamme sur fin 2017. Une gamme plaisir et efficace toujours dans l’idée du moins d’ingrédients possible mais que du bon sans superflu et que du végétal/minéral.

Des matières premières brutes (huiles végétales, beurre de karité, hydrolats..) font aussi partie de votre catalogue, comment les sélectionnez-vous ?

Tout au début, nous nous sommes juste dit, nous mettons tellement d’énergie et d’efforts à trouver les bonnes matières premières, qu’il était dommage de ne pas en faire profiter nos clients.

La Savonnerie Bourbonnaise - La boutique Parisienne
La Savonnerie Bourbonnaise - La boutique Parisienne

Quelles sont vos exigences en termes de matières premières ?

La première démarche a été de rechercher juste des ingrédients biologiques vers les gros producteurs et importateurs, mais nous nous sommes vite rendu compte que ce n’était pas suffisant, pas de relation humaine, pas de maintien de la qualité. La qualité des matières premières sur le marché de la bio est devenu un problème, comme dans l’alimentaire il y a une bio à deux vitesses, une bio-business et une bio-paysanne. Nous nous devions d’aller vers la bio paysanne. C’est un travail de longue haleine, une à une nous cherchons des petits producteurs, dont le premier axe de travail est la qualité et le respect non la quantité.

Nous olfactons et testons chaque huile avant de l’utiliser, nous n’hésitons pas à renvoyer lorsque ce n’est pas satisfaisant. Cela demande du métier, car comment reconnaître une très bonne huile si nous n’en avons jamais vu avant ?

Nos exigences bio déjà, Nature et Progrès et Demeter quand c’est possible : Nous travaillons en cercles concentriques, dans un premier temps, essayer de trouver autour de chez nous en Auvergne, cela nous permet d’aller vraiment voir sur place, d’échanger et de « contrôler » (lait d’ânesse (gros dossier : il fallait s’assurer que les ânons n’étaient pas abattus mais bien respectés, notre productrice ne fait naître que les ânons réservés, les animaux sont en grande liberté et respectés, c’est une toute petite ferme à taille humaine) , lait de chèvre, miel, propolis, cire d’abeille, huile de cameline, de chanvre, de tournesol…) . Puis chercher en France,  lait de riz de camargue, huiles essentielles et hydrolats.

Mais  lorsque cela vient de loin (Asie, Afrique), c’est le commerce équitable. Ce n’est plus possible autrement, nous ne pouvons plus importer sans nous soucier des dégâts humains, environnementaux. Le karité était notre première priorité car nous l’utilisons beaucoup. Depuis qu’il entre dans la composition de nombreux produits alimentaires, le marché s’est tendu. Des multinationales se sont saisies de cette manne et ont « acheté » des milliers d’hectares en Afrique pour une bouchée de pain comme au Mali. Du jour au lendemain les femmes ont trouvé des barbelés sur leurs terres ancestrales, les privant ainsi de tout accès à leur bien commun. Le jour où nous avons trouvé un karité exceptionnel sauvage, jamais chauffé (juste au soleil) c’était la fête à la savonnerie. Nous avons ensuite continué avec la coco, là aussi il y aurait beaucoup à raconter depuis que c’est à la mode.

Ces 2 matières premières sont très importantes dans les savons il fallait commencer par là, nous avons aussi entre-temps rencontré une coopérative de femmes marocaines pour l’huile d’argan et les affinités sont tout de suite nées.

Pour les huiles essentielles, c’est plus compliqué nous avons de gros besoins, et les petits distillateurs ont de faibles récoltes (alors si nous arrivons en disant il faudrait 2 kg, ils sautent au plafond). Les grands décalages de qualité sont devenus problématiques, si la bergamote ne sent pas la bergamote alors notre savon Earl Grey n’a pas de sens. Et s’il faut changer la recette car une matière ne va pas ou est indisponible, nous devons repayer le dépôt de recette. Avec 27 recettes c’est très compliqué (200€ par recette…). Alors sur ce dossier, nous avançons pas à pas, trouver des huiles essentielles d’origine et non remélangées, trouver aussi un importateur sérieux. Nous travaillons main dans la main avec le Gattilier. J’annonce mes besoins et ils cherchent pour moi. Ils travaillent leur connexions depuis 30 ans alors là on est sûrs. Mais le Gattilier c’est aussi une histoire de rencontres, nous sommes maintenant très amis.

La Savonnerie Bourbonnaise - Crédit Photo : Delphine du blog le Monde de Delias
La Savonnerie Bourbonnaise - Crédit Photo : Delphine du blog le Monde de Delias

De manière générale, comment créez-vous vos formules (cosmétiques et savonnesques)?

Ils doivent refléter notre personnalité, quand nous fabriquons une savon c’est un petit bout de nous. Alors la douceur en premier, puis l’odeur et enfin couleur et forme. Chaque savon a sa propre personnalité, je dis toujours c’est comme les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Alors parfois une odeur ne plait pas à une personne mais une autre va adorer et ne pourra plus s’en passer. Pour les cosmétiques, nous formulons sans aucun tensioactif et sans eau. Nous ne voulons travailler que le végétal sans eau, pas de dérivés (même doux et acceptés par les labels les plus restrictifs), nous voulons prendre du plaisir en créant et j’aime me dire que nos formules sont si naturelles que ca pourrait se manger 😉

C’est un choix, ce n’est pas pour autant que les cosmétiques avec tensioactifs doux ne sont pas bien, c’est juste que ce n’est pas notre métier, d’autres entreprises le font déjà très bien.

Aujourd’hui, la stratégie marketing est essentielle pour tout commerce. Pourriez-vous nous décrire la vôtre ? 🙂

La qualité, et le lien humain. Je veux croire (peut-être je me trompe) que les consommateurs sont sensibles à la qualité et qu’ils la perçoivent. Certes, travailler avec des matières en commerce équitable ou avec des tous petits distillateurs, rehausse les coûts mais je pense que ça vaut le coup. Et si avec cette ligne, nous n’arrivons pas à convaincre nous arrêterons mais nous ne dévierons pas.
Le lien humain, c’est être très proches de nos clients, c’est pour cela que nous avons créé des boutiques (une à Paris et l’autre, éphémère, en Bretagne, nous en profitons pour faire souvent des démonstrations de savons et expliquer notre démarche). Nous sommes artisans, pas industriels alors si les gens font l’effort de se tourner vers nous, nous devons faire l’effort de se tourner vers eux.
Les réseaux sociaux sont aussi un biais que nous travaillons beaucoup, là aussi nous échangeons beaucoup à toute heure du jour et de la nuit 😉
Nous faisons beaucoup de portes ouvertes à la savonnerie, c’est un moment de partage et de fête que nous adorons.
Alors c’est vrai, on est pas très marketing, en fait 😉

La louffah à la boutique parisienne - Crédit Photo : Delphine du blog le Monde de Delias
La louffah à la boutique parisienne - Crédit Photo : Delphine du blog le Monde de Delias

La Savonnerie Bourbonnaise s’inscrit dans un chemin global de vie pour vous. Pourriez-vous nous parler de vos autres actions pour un monde meilleur ?

Nous ne reparlerons pas commerce  équitable, je crois que tout le monde a compris 😉 Mais nous travaillons sur un gros dossier avec l‘association SOS Méditerranée. SOS Méditerranée est née l’année dernière, avec leur bateau l’Aquarius, ils ont sauvé l’année dernière 14000 personnes en mer méditerranée. C’est humainement très dur d’ouvrir les yeux sur cette tragédie, d’entendre les récits qui racontent une telle inhumanité que nous ne pouvions pas imaginer même dans nos pires cauchemars, de voir les photos (nous nous souvenons tous de ce petit garçon mort échoué sur les plages, mais c’est tous les jours que ça arrive… chaque jour femmes, enfants et jeunes hommes périssent).
J’ai souvent entendu, mais pourquoi ne restent-ils pas chez eux ? Ce n’est pas notre faute. Pour connaître personnellement de nombreux réfugiés, ils ont juste fui leur pays, vers le pays voisin, puis l’horreur étant encore pire que leur pays, ils fuient plus loin et ainsi de suite, pour finir en Libye, La Libye n’est pas descriptible, tortures, esclavagisme systématique, trafic humain, viols, non nous ne raconterons pas c’est inhumain, dès 6 ans les petits garçons sont armés et tirent à vue sur les « noirs ». Alors il leur faut aller plus loin, ils traversent de gré ou de force  sur des radeaux, des canots qui ne sont pas adaptés à traverser la mer, et coulent. L’aquarius arrive à ce moment, il recueille les naufragés, distribue les premiers secours. Ces bénévoles sont des héros, car il faut supporter toute cette souffrance.
Alors nous nous sommes dites qu’il était de notre devoir d’aider à notre niveau, sans prétention. Nous avons fabriqué un savon gratuitement, les ventes (après remboursement des matières premières et frais d’envoi) seront intégralement reversées à SOS Méditerranée, les revendeurs qui souhaiteront nous suivre s’engageront aussi sur l’honneur à ne pas gagner d’argent. Nous espérons être rejoints par de nombreux revendeurs, nous verrons… in shallah !!! Mais l’objectif est de 5000€, nous allons nous démener comme jamais pour faire connaître cette association et récolter le maximum pour eux.
Certains acteurs de l’économie solidaire , comme les Jardins de Gaïa (qui travaillent quasi exclusivement en équitable et qui fait beaucoup d’actions pour les Amanins notamment fondée par Pierre Rabhi) se sont spontanément portés volontaires pour nous aider, nous en sommes très heureuses …
Ensuite, nous donnons toutes nos chutes, savons pas jolis… aux associations qui œuvrent pour les SDF, pour les réfugiés ou alors au secours populaire
Nous souhaitons mais cela va prendre encore du temps, créer nos jardins associatifs et solidaires qui alimenteront en calendula, en fleurs, peut-être en huiles essentielles… tout est à faire il n’y a pas de limites si ce n’est notre imagination et notre énergie.

Baume apaisant à la propolis - Crédit photo : Marine du blog Cho'veux
Baume apaisant à la propolis - Crédit photo : Marine du blog Cho'veux

Quelle est votre trousse cosmétique essentielle ? (pour chaque fille de l’équipe 😉 )

Pour moi (Ludivine), démaquillage à l’huile d’olive ou d’amande douce, hydrolat d’hélichryse ou de myrte vert ou de néroli, et ensuite un petit mélange d’huile jojoba, argan ou lin. avec parfois une goutte d’HE de carotte.
Réjane, c’est un nettoyage à l’eau de rose, puis huile de jojoba et aloe vera.
Claire, c’est une mélange argan/abricot et le soir nigelle/onagre, et eau de rose.

 

Un mot pour la fin ? 🙂

Ne cherchons pas à faire grand, juste à faire le mieux que nous pouvons à notre petit niveau.
DE L’AMOUR, DU RESPECT,  UN BON INSPIRE ET EXPIRE ET TOUT IRA MIEUX !

Mes produits chouchous La Savonnerie Bourbonnaise

RDV sur mon Instagram pour essayer de les remporter jusqu’au 15 juillet 2017 <3

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Et que pensez-vous de cet interview ?

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